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Episode 21 - J'ai une idée !
Publié le 07/03/2014 @ 11:00:00 dans la catégorie Chroniques
Quelques mois après notre lancement, et grâce à l'extraordinaire couverture dont nous avons bénéficié de la part des médias, la majorité de l'écosystème IT belge avait, d'une manière ou d'une autre, entendu parler de nous. Notre "idée du siècle" était maintenant dans la nature, et l'une de nos plus grosses craintes à l'époque pouvait se résumer par : "ouille, demain on va avoir 200 concurrents". Première erreur. (Et oui, "ouille". Nous sommes belges, et en Belgique on dit "ouille" - NDLE).

Comme tout le monde, nous avons longtemps pensé (et certains autour de nous le pensent toujours très fort) qu'une idée est la clé d'un produit ; et une fois que cette idée est connue du grand public, il y a un risque non négligeable de voir rapidement apparaître des clones à tout va. Et pourtant... Presque 5 ans après le début de notre pélerinage technologique, une seule société aujourd'hui tente (avec un succès tout relatif, précisons-le) de copier servilement notre concept.

Avec un succès tout relatif ? Sommes-nous devenus si arrogants ?

En fait, ce que nous aurons mis un temps certain à comprendre, c'est qu'une idée n'est rien en soi. Tout le monde a des idées : simples, brillantes, loufoques, parfois même complètement barrées. Mais une idée, aussi génialissime soit-elle, n'est rien sans toute la machinerie que l'on met en place pour l'appuyer.

Tout d'abord, il faut une réalisation sans faille, un timing tout aussi parfait, et plus que tout une équipe qui a la force et les compétences pour la soutenir. Ce n'est qu'en combinant avec bonheur tous ces éléments que l'idée devient réellement une entreprise.

Pour certains, notre idée se limite "bêtement" à lire une carte d'identité. Ce faisant, ils enferment le projet dans une petite boîte exiguë sans réellement essayer de comprendre la philosophie et la puissance de l'outil que nous avons créé. Alors d'accord, lire une eID est à la portée de tout développeur moyennent doué. Et en greffant à cette lecture une petite base de donnée bricolée en une demi-heure (parce que "database + eid" est tout ce qu'ils ont retenu - ou compris - du système), nos détracteurs pensent nous avoir coiffés au poteau et atteint le Nirvana... C'est d'ailleurs hélas la première réaction de nombreux développeurs qui nous rétorquent systématiquement : "Mais moi aussi je peut lire une carte d'identité, hein...".

Or nous, de notre côté, nous avons une passion pour les chiffres et la technologie ; certes, la fidélisation est l'aspect le plus visible de nos activités pour la majorité des gens, mais la plateforme que nous proposons aux consommateurs et aux commerçants va bien au-delà du simple comptage de points. Nous fournissons aux professionnels des outils leur permettant de bien mieux comprendre leur business, tout en redonnant aux consommateurs le contrôle complet sur leurs données personnelles. Une démarche que bien peu de sociétés ont osé jusqu'ici. Et pourtant, ce ne sera qu'en plaçant le consommateur au centre du système que l'ensemble sera un succès.

J'y avais pensé avant!

Quelques mois après notre lancement donc, une première personne s'est présentée à nous. Fier comme Artaban d'avoir rempli trois pages pour décrire une idée similaire à la nôtre, il avait un profil commercial et n'avait jamais dépassé le stade théorique. Or, malgré ce maigre bagage, sans le moindre prototype pour appuyer son propos, il nous a demandé ouvertement une part de notre toute jeune société ; et le voilà de nous expliquer, avec force arguments, que cette part lui revenait de droit "parce qu'il y avait pensé lui aussi". Malheureusement pour lui, cette approche très agressive et son attitude plus que négative ne lui ont valu de notre part qu'un "non" franc et massif (sans parler d'une furieuse envie de bottage de derrière, mais nous avons su nous contenir...).

Donc, encore une fois : être capable de lire une eID, c'est bien. Mais développer tout un projet autour, le réaliser, construire la vision stratégique sous-jacente à long terme et s'entourer progressivement des profils requis pour porter et concrétiser cette vision, c'est très loin de 2 feuilles de papier couvertes de pattes de mouches.

Bien plus tard, une seconde personne est venue nous trouver en nous expliquant, d'une manière similaire, que lui aussi aurait aimé réaliser ce projet, mais qu'il n'en avait pas été techniquement capable, malgré un bagage bien plus important que le premier intervenant. Mais l'énorme différence, c'est que cette deuxième personne nous a approchés avec une attitude beaucoup plus ouverte et constructive ; et après quelques heures d'une discussion franche et transparente, la conclusion s'est imposée d'elle même, naturellement : notre interlocuteur a décidé de travailler avec nous, et a rejoint l'équipe en tant qu'indépendant complémentaire.

Cela n'a pas changé radicalement notre chiffre d'affaire. Mais quand nous avons eu cette opportunité d'accueillir une personne positive, avec une volonté farouche de faire évoluer l'entreprise et ses produits, nous aurions été stupides de nous montrer égoïstes et de refuser à d'autres le droit de s'approprier notre concept. Or, c'est ce que bien d'autres ont fait depuis, et souvent sans même nous consulter.

Une idée se discute et se partage

Tout cela pour vous dire qu'une idée, c'est une chose importante. C'est essentiel pour démarrer un concept, mais une idée seule est très loin d'être suffisante. La réalisation, la vision et les ressources - tant humaines que matérielles - sont des facteurs bien plus déterminants pour garantir le succès de cette idée. Et les exemples pour le prouver ne manquent pas.

N'hésitez jamais à confronter vos idées pour les faire mûrir ; cela vous permettra de rencontrer des personnes qui vont, d'une manière ou d'une autre, vous aider à progresser dans votre concept, ou même rejoindre votre équipe car ils sont inspirés par votre créativité. Et ça, ça n'a pas de prix !

Sébastien
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