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Publié le 03/04/2014 @ 10:00:00 Dans Chroniques
Vous apprécierez l'exploit : avec trois mots, je dois avoir réussi à me mettre à dos tout ce que la Belgique compte comme Community Managers. Trois petits mots. Pas un de plus. Et pourtant, derrière cette boutade volontairement provocante, se cache une réalité que l'on se doit de considérer : les réseaux sociaux ne font pas vendre.

Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion d'être invité à donner une présentation lors du Digital Marketing Forum. Je passais bon dernier, et j'ai donc eu tout le temps d'assister aux présentations données par les autres invités. J'ai été frappé de constater que, dans la quasi-totalité des cas, ces présentations tournaient autour de l'obligation impérative de figurer en bonne place sur facebook, twitter, instagram, et d'afficher le plus grand nombre de fans ou de followers. Il est vrai que nombre des intervenants étaient jeunes - assez jeunes, en tout cas, pour que l'on comprenne qu'ils ont été biberonnés à cette culture du réseau social tout-puissant.

Et pourtant...

Lorsque fut venu mon tour, je me suis avancé devant le public, et j'ai commencé ma présentation en leur disant (à peu de choses près, je ne me rappelle plus des termes exacts) : "Bon, c'est très bien tout ça, mais il est peut-être temps de redescendre sur terre. Facebook, twitter et tout le tralala, c'est super, c'est marrant, mais voyons les choses en face : ça ne fait pas vendre". Et comme prévu, j'ai choqué pas mal de monde. Pourtant, à l'issue de ma présentation, la majorité des personnes présentes étaient d'accord avec mon point de vue...

Au départ, il y a un consommateur lambda. Comme vous et moi, il recherche avant tout la manière d'obtenir le plus possible en payant le moins possible. Comme la politique des prix plancher n'est pas toujours, loin s'en faut, la plus efficace, les commerçants cherchent avant tout à se démarquer de leurs concurrents en tentant de rendre le client heureux. Parce qu'un client heureux, considéré, choyé, est un client qui reviendra, même s'il n'a pas forçément bénéficié du meilleur prix en échange de vos produits ou de vos services.

Donc, pour pouvoir chouchouter votre client et lui offrir LA qualité de service qui fait qu'il n'ira jamais voir ailleurs, il faut le connaître. Intimement. Comprendre ce qu'il désire avant qu'il n'en ait lui-même conscience. Appréhender ses besoins avant qu'il ne les ait formulés. Et pour tout cela, il faut des données. Beaucoup de données. Exactement le genre de données que l'on collecte avec un programme de fidélité pointu.

Le consommateur se fout de facebook

Bien sûr, on me rétorquera que facebook brasse des trillions de gigabits de données. Certes, mais ces données vous permettront-elles réellement d'arriver à ce niveau de finesse dans la connaissance de votre client ? Encore une fois, cette manière de présenter les réseaux sociaux comme le Saint-Graal ou la pierre philosophale du marketing biaise les règles du jeu. Nombre de petites entreprises vont ainsi s'engouffrer dans la brèche, dépenser des sommes parfois très conséquentes parce qu'on leur a assuré qu'il fallait ab-so-lu-ment avoir un compte twitter ou un feed Pinterest, et souvent pour des résultats très aléatoires. Et pourquoi ? Tout simplement parce qu'il faut bien comprendre que tous ces fans, tous ces abonnées, tous ces followers, ne sont en fin de compte que des profils, et non de vraies personnes - économiquement, s'entend. Tant que tout se joue au niveau du like, du pin ou du retweet, on reste dans le virtuel, quand le chiffre d'affaire, lui, est bien réel.

Regardons les choses en face : parmi les utilisateurs professionnels de facebook, l'immense majorité va l'utiliser pour alimenter une page, poster quelques news de temps en temps, lancer l'un ou l'autre concours, faire un peu de pub ciblée. Au bout de quelques mois, ils arriveront à une dizaine de milliers de fans - dont ils n'auront même pas les coordonnées exactes, soit dit en passant. Quand à twitter, même si son utilisation augmente au sein des geeks et des journalistes, il reste un medium très sous-employé par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays.

Evidemment, il existe des Community Managers vraiment doués, capable de transférer une partie de leur fanbase vers des magasins physiques ou virtuels, qui maîtrisent parfaitement les leviers qui vont faire réagir leur public, et qui sauront obtenir d'eux exactement ce que le client demande. D'accord également que les réseaux sociaux sont de merveilleux outils lorsqu'il s'agit de créer et d'animer des communautés autour d'un produit, d'un concept, d'une idée. Mais au bout du compte, ce qui paie les factures de toutes les entreprises du monde, ce sont... Leurs clients. Et si un client n'est pas satisfait de vos prestations, il se fichera éperdument que vous ayez trois cent mille fans sur votre page facebook, et il ira voir ailleurs si l'herbe n'est pas plus verte.

Marc
Publié le 24/03/2014 @ 11:00:00 Dans Chroniques
Productivité. Voilà, le gros mot du jour est lâché. Suivant !

On me demande souvent comment j'arrive à répondre à autant de mails, et comment même avec tous les rendez-vous, il est encore possible de programmer autant. Et pourtant, je vois encore (parfois) mes filles. Est-ce qu'il y a un secret dans tout cela?

La téquoi?

La première chose qui a disparu de ma vie, c'est la télévision. On a du mal à se rendre compte quand on y est habitué, mais la télévision est une source importante de "perte de temps". Certes, elle apporte des informations sur ce qui se passe dans le monde, mais depuis que je l'ai remplacé par quelques clics le matin en déjeunant, quand j'ai les 5 minutes à investir pour ne pas être complètement largué, j'ai récupéré facilement une première heure par jour.

Alors bien sûr, je ne suis pas les joyeuses émissions de variété qui passent le samedi soir, je ne sais pas qui a gagné The Voice, je n'ai pas vu toutes les images de ce qu'il se passe en Ukraine ou ailleurs, mais pourtant je n'ignore pas ce qui se passe autour de moi. Mais surtout, je n'éprouve aucun manque de ne plus être consommateur de ce média phagocytaire.

Lines of codes, lines of code everywhere

Il y a quelques années, j'ai décidé d'abandonner ma grosse tour, suite à une dernière panne qui l'aura condamnée à mes yeux, face à cette configuration de rêve qu'est l'ordinateur portable. Mon disque contient tout ce dont j'ai besoin pour travailler, le reste se trouve déporté sur des NAS ou sur le cloud, et j'ai donc à portée d'un clic de souris tout le nécessaire dans une petite machine d'à peine 1 kilo. Mais, pour répondre à mes besoins, ce portable n'est ni un ultrabook, ni un tank blindé. C'est un appareil professionnel, avec un boîtier carré (moche pour certains) mais qui embarque SSD et 3G, et qui n'a jamais subi la moindre panne en presque 2 ans. Et c'est là tout ce que je lui demande. Sans compter une série de périphériques dans les bureaux que j'occupe, et surtout la possibilité d'y brancher plusieurs écrans (condition indispensable à ce type de travail).

Ce que j'ai appris en trimballant constemment ce portable avec moi, c'est qu'il y a chaque jour une partie de mon temps que je perdais. Dans la salle d'attente chez un médecin, dans un hall de gare, en attendant un rendez-vous chez un client, en route entre 2 meetings, dans une conférence qui semblait intéressante mais qui sonne creux au bout d'un quart d'heure, et même en voiture car j'ai la chance d'avoir une femme qui adore conduire. Chaque fois, on parle de moins d'une heure, mais mis bout à bout à la fin de la semaine tous ces petits moments m'ont fait facilement gagner une journée complète de travail, et cela paie.

Je ne peux qu'encourager tous les entrepreneurs de notre milieu à sauter le pas, et de s'équiper d'une machine avec une connexion permanente, intégrée, et d'une petite malette, ne dépassant pas au final un poids de 2 kilos. Et même si à priori vous pensez que vous n'allez pas perdre du temps, prenez ce compagnon toujours à vos côtés, et les longues files d'un contrôle technique, ou l'attente interminable chez le pédiatre ou en salle de travail pour un accouchement (si si, je vous assure, 8h c'était trop long pour ne pas utiliser à bon escient ce temps si précieux), tout cela ne vous paraîtra plus si long.

Et ma vie privée ?

Ma vie personnelle n'a pas été mise entre parenthèses, et pour preuve : depuis que j'ai un smartphone, je dors mieux, je suis moins stressé. Pourquoi? Car les 200 idées à la seconde que j'avais, j'ai maintenant un compagnon qui me permet de noter, et oublier jusqu'au moment opportun. Pour le portable et la connexion permanente c'est pareil.

Pensez-vous qu'il soit judicieux de stresser en pleines vacances comme un porc à l'abbatoir, parce qu'une machine ne redémarre pas correctement, ou estimez-vous qu'il soit préférable de pouvoir vous connecter à distance, isoler le problème en quelques minutes et repasser la main à l'équipe ? Tout cela est vécu, de l'accouchement jusqu'au problème en production à l'entrée d'un parc d'attraction en pleines vacances. Et à chaque fois, cette technologie mobile m'aura permis non seulement de régler le problème avec une équipe formidable en soutien, mais surtout de pouvoir profiter du repos et du temps en famille, ceci au prix - ridicule - de quelques minutes sacrifiée à si bon escient.

Je peux donc vous rassurer : je joue avec mes filles et je vois ma femme tous les jours. Nous avons certes peu le temps d'aller au restaurant ou nous faire un ciné, mais on voit des amis, on sort, on déménage et on garde un contact étroit avec nos familles. Tout cela est possible grâce aux outils d'aujourd'hui, à condition d'accepter ce petit fil à la pate qui nous permet de réagir au quart de tout et de nous éviter pas mal de stress au final.

Pour les plus curieux d'entre vous, comme d'habitude, nous vous conseillons un excellent article sur le sujet. Cela s'intitule “70% of Time Could Be Used Better - How the Best CEOs Get the Most Out of Every Day”, et c'est à lire à cette adresse.

Sébastien
Publié le 17/03/2014 @ 10:00:00 Dans Chroniques
Depuis le temps que vous nous suivez dans ces chronique, vous avez certainement constaté que nous aimons démarrer nos sujets en lançant des gros mots - principalement dans le but de susciter une saine réflexion et un débat constructif. Ne dérogeons pas à la règle : le gros mot du jour est « éthique ».

Et... Tic ?

Si l'on se base sur une définition purement académique, l'éthique est « une science morale, qui se donne pour but d'indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure ». En bref, elle a pour objet de déterminer ce qui est bien et ce qui ne l'est pas.

On entend souvent dire que l'éthique et les affaires ne font pas bon ménage. Cassons donc d'entrée de jeu une idée reçue : c'est rigoureusement faux. Il est tout à fait possible de respecter certaines règles élémentaires lorsqu'on gère une entreprise, comme nous allons le voir dans la suite de cette chronique. J'irais même jusqu'à dire que l'éthique est un terme fondamental dans l'équation qui définit une entreprise durable (sans connotation écologique aucune, s'entend).

Dans le monde des affaires, l'éthique va intervenir à divers niveaux : dans le respect des procédures internes pour garantir un code de bonne conduite au sein de l'entreprise, dans le respect du client et du consommateur par la distribution de produits, de services et de prestations de qualité et tarifés à un prix raisonnable, dans le respect des partenaires économiques et opérationnels au travers d'une relation transparente où sont privilégiées la confiance et l'honnêteté, et dans le respect du cadre légal, de l'écosystème et du marché par une prise de conscience des responsabilités intrinsèques, par une volonté de partage de l'enrichissement - qu'il soit monétaire ou pas, par la prise en compte de l'intérêt pour le bien commun et par l'observation des règles systémiques.

Il est probable que tous les acteurs d'un marché ne jouent pas avec la même application dans le grand jeu de l'entrepreneuriat. L'intérêt personnel - qu'il soit privé ou corporatif - prime souvent dans les transactions, et induit de fait des comportements assez disparates, qui se traduisent par une interprétation « à géométrie variable » des concepts éthiques susmentionnés.

Alors bien sûr, loin de nous l'idée ou l'intention de nous poser en chevaliers blancs ; nous sommes humains, et par définition et par essence faillibles. Comme tout un chacun, il nous est arrive de commettre l'un ou l'autre impair, par souci d'aller vite pour respecter une échéance trop proche, par distraction ou manque de concentration parce que la charge de travail amène à se disperser plus qu'on ne le voudrait, ou encore parce que nous n'avions pas, sur le moment, mesuré les conséquences d'une décision à prendre parmi une myriade d'autres. Et bien qu'il y ait là une indéniable forme d'égoïsme (il serait malhonnête de notre part de prétendre le contraire), nous n'avons jamais été animés par la moindre intention de nuire.

Tout consommateur est un pigeon qui s'ignore

Mais ce n'est pas le cas de tous, comme nous l'avons déjà dit. Contrats tournés de manière à avantager outrageusement le prestataire au détriment du consommateur, conditions générales plus floues qu'une théorie de physique quantique, enfermement du client dans des durées rédhibitoires, pénalités de rupture assimilables à du racket pur et simple, service clientèle incompétent et/ou désagréable, vendeurs « cowboys » n'hésitant pas à tuer un marché pour atteindre leurs objectifs, produits de qualité discutable et trop rapidement obsolètes, services indigents et peu fiables, modes d'emploi cryptiques et incompréhensibles, tarification nébuleuse à dessein... Nous pourrions compléter pendant longtemps cette liste pourtant déjà exhaustive afin d'illustrer un précepte bien connu des professionnels peu embarrassés de scrupules : « tout consommateur est un pigeon qui s'ignore ».

On remarque que, dans cette nébuleuse de mauvais comportements, une constante s'érige en principe : « on n'oblige personne, et si le client n'est pas content, il n'a qu'à aller ailleurs ». Entendu maintes fois, rabâché ad nauseam, c'est l'argument facile par excellence. Facile à dire quand on retient son client en otage avec un contrat de plusieurs années dont la résiliation anticipée le mettrait quasiment sur la paille ; facile aussi d'affirmer avec un aplomb vexé que les milliers de références clients bidon affichées sur un site web pour appâter le chaland ne constituent en rien une publicité mensongère. Dans le domaine de la mauvaise foi, on tombe ainsi de temps à autre sur de véritables orfèvres en matière de « distorsion du champ de la réalité » si chère au défunt Steve Jobs !

Là où le bât blesse, c'est lorsque ces entreprises peu regardantes sur les règles élémentaires de l'éthique font des dégâts ravageurs. Que ces dégâts soient infligés au secteur, au marché, aux concurrents ou pire, à eux-mêmes, ils seront toujours unanimes pour rejeter la faute sur d'autres, et prétendre que la responsabilité incombe à des facteurs extérieurs : la crise, l'économie, une autre entreprise, une banque, le gouvernement, la politique, la malchance, le destin... Le monde entier est coupable, mais pas eux. Jamais. Impossible. Et les voilà incapables d'admettre - voire de réaliser - qu'ils se sont avant tout aliénés l'élément essentiel de leur succès : le consommateur.

This is not rocket science

Car ce n'est ni un secret d'état, ni le produit d'études innombrables et complexes : ce qui constitue avant tout le moteur d'une entreprise qui gagne, c'est le respect qu'elle a pour sa clientèle. Si celle-ci est heureuse, satisfaite et en confiance, tout se passera pour le mieux, même - voire surtout - dans les moments difficiles. Si par contre elle s'estime flouée, grugée, exploitée ou arnaquée, alors le retour de bâton - ou de karma - est généralement rapide et brutal. Et il pardonne rarement, à moins d'une complète remise en question.

En presque quatre années d'activité, et avec pas loin d'un million d'utilisateurs finaux, nous n'avons eu à compter qu'une minuscule poignée de défections. Que ce soit chez nos clients ou dans les rangs des consommateurs, ils furent extraordinairement peu nombreux à nous quitter - et jamais pour des motifs liés à des agissements discutables que l'on aurait pu nous imputer. A l'exception de dissensions idéologiques (tout le monde ne peut pas adhérer à notre concept) ou d'impondérables fatalités économiques (des entreprises tombent hélas quotidiennement en faillite), notre perception de l'éthique et notre mise en pratique de ces règles élémentaires n'ont jamais été remises en question, même par nos détracteurs.

Depuis le premier jour, nous avons été persuadés que le respect, la transparence et le fait d'offrir à notre client davantage que ce pour quoi il nous paie devaient être les fondamentaux de notre ligne de conduite. Le temps nous a donné raison, ainsi que les nombreux témoignages positifs et enthousiastes de nos clients (directs et indirects). Et ce qui nous fait plaisir aujourd'hui, c'est que malgré quelques irréductibles brebis galeuses, nous sommes loin d'être un cas isolé !

Pour clôturer notre réflexion, nous vous invitons à vous faire une culture sur le projet VRM, initié par l'université d'Harvard, qui postule : “free customers are more valuable than captive ones”. Tous les détails se trouvent ici : https://cyber.law.harvard.edu/projectvrm/Main_Page. Bonne lecture, et à bientôt.

Marc
Publié le 07/03/2014 @ 11:00:00 Dans Chroniques
Quelques mois après notre lancement, et grâce à l'extraordinaire couverture dont nous avons bénéficié de la part des médias, la majorité de l'écosystème IT belge avait, d'une manière ou d'une autre, entendu parler de nous. Notre "idée du siècle" était maintenant dans la nature, et l'une de nos plus grosses craintes à l'époque pouvait se résumer par : "ouille, demain on va avoir 200 concurrents". Première erreur. (Et oui, "ouille". Nous sommes belges, et en Belgique on dit "ouille" - NDLE).

Comme tout le monde, nous avons longtemps pensé (et certains autour de nous le pensent toujours très fort) qu'une idée est la clé d'un produit ; et une fois que cette idée est connue du grand public, il y a un risque non négligeable de voir rapidement apparaître des clones à tout va. Et pourtant... Presque 5 ans après le début de notre pélerinage technologique, une seule société aujourd'hui tente (avec un succès tout relatif, précisons-le) de copier servilement notre concept.

Avec un succès tout relatif ? Sommes-nous devenus si arrogants ?

En fait, ce que nous aurons mis un temps certain à comprendre, c'est qu'une idée n'est rien en soi. Tout le monde a des idées : simples, brillantes, loufoques, parfois même complètement barrées. Mais une idée, aussi génialissime soit-elle, n'est rien sans toute la machinerie que l'on met en place pour l'appuyer.

Tout d'abord, il faut une réalisation sans faille, un timing tout aussi parfait, et plus que tout une équipe qui a la force et les compétences pour la soutenir. Ce n'est qu'en combinant avec bonheur tous ces éléments que l'idée devient réellement une entreprise.

Pour certains, notre idée se limite "bêtement" à lire une carte d'identité. Ce faisant, ils enferment le projet dans une petite boîte exiguë sans réellement essayer de comprendre la philosophie et la puissance de l'outil que nous avons créé. Alors d'accord, lire une eID est à la portée de tout développeur moyennent doué. Et en greffant à cette lecture une petite base de donnée bricolée en une demi-heure (parce que "database + eid" est tout ce qu'ils ont retenu - ou compris - du système), nos détracteurs pensent nous avoir coiffés au poteau et atteint le Nirvana... C'est d'ailleurs hélas la première réaction de nombreux développeurs qui nous rétorquent systématiquement : "Mais moi aussi je peut lire une carte d'identité, hein...".

Or nous, de notre côté, nous avons une passion pour les chiffres et la technologie ; certes, la fidélisation est l'aspect le plus visible de nos activités pour la majorité des gens, mais la plateforme que nous proposons aux consommateurs et aux commerçants va bien au-delà du simple comptage de points. Nous fournissons aux professionnels des outils leur permettant de bien mieux comprendre leur business, tout en redonnant aux consommateurs le contrôle complet sur leurs données personnelles. Une démarche que bien peu de sociétés ont osé jusqu'ici. Et pourtant, ce ne sera qu'en plaçant le consommateur au centre du système que l'ensemble sera un succès.

J'y avais pensé avant!

Quelques mois après notre lancement donc, une première personne s'est présentée à nous. Fier comme Artaban d'avoir rempli trois pages pour décrire une idée similaire à la nôtre, il avait un profil commercial et n'avait jamais dépassé le stade théorique. Or, malgré ce maigre bagage, sans le moindre prototype pour appuyer son propos, il nous a demandé ouvertement une part de notre toute jeune société ; et le voilà de nous expliquer, avec force arguments, que cette part lui revenait de droit "parce qu'il y avait pensé lui aussi". Malheureusement pour lui, cette approche très agressive et son attitude plus que négative ne lui ont valu de notre part qu'un "non" franc et massif (sans parler d'une furieuse envie de bottage de derrière, mais nous avons su nous contenir...).

Donc, encore une fois : être capable de lire une eID, c'est bien. Mais développer tout un projet autour, le réaliser, construire la vision stratégique sous-jacente à long terme et s'entourer progressivement des profils requis pour porter et concrétiser cette vision, c'est très loin de 2 feuilles de papier couvertes de pattes de mouches.

Bien plus tard, une seconde personne est venue nous trouver en nous expliquant, d'une manière similaire, que lui aussi aurait aimé réaliser ce projet, mais qu'il n'en avait pas été techniquement capable, malgré un bagage bien plus important que le premier intervenant. Mais l'énorme différence, c'est que cette deuxième personne nous a approchés avec une attitude beaucoup plus ouverte et constructive ; et après quelques heures d'une discussion franche et transparente, la conclusion s'est imposée d'elle même, naturellement : notre interlocuteur a décidé de travailler avec nous, et a rejoint l'équipe en tant qu'indépendant complémentaire.

Cela n'a pas changé radicalement notre chiffre d'affaire. Mais quand nous avons eu cette opportunité d'accueillir une personne positive, avec une volonté farouche de faire évoluer l'entreprise et ses produits, nous aurions été stupides de nous montrer égoïstes et de refuser à d'autres le droit de s'approprier notre concept. Or, c'est ce que bien d'autres ont fait depuis, et souvent sans même nous consulter.

Une idée se discute et se partage

Tout cela pour vous dire qu'une idée, c'est une chose importante. C'est essentiel pour démarrer un concept, mais une idée seule est très loin d'être suffisante. La réalisation, la vision et les ressources - tant humaines que matérielles - sont des facteurs bien plus déterminants pour garantir le succès de cette idée. Et les exemples pour le prouver ne manquent pas.

N'hésitez jamais à confronter vos idées pour les faire mûrir ; cela vous permettra de rencontrer des personnes qui vont, d'une manière ou d'une autre, vous aider à progresser dans votre concept, ou même rejoindre votre équipe car ils sont inspirés par votre créativité. Et ça, ça n'a pas de prix !

Sébastien
Publié le 27/02/2014 @ 10:00:00 Dans Chroniques
Pour ce numéro 20, nous allons nous laisser aller à un peu de philosophie. Cela fait (déjà) 20 chroniques dans lesquelles nous nous épanchons sur l'un ou l'autre aspect de notre histoire, de nos journées parfois (souvent) tumultueuses ; et pour ce numéro 20, je voudrais mettre l'accent sur un point bien particulier qui m'est cher : l'échec. Pourquoi il est important dans une vie, et pourquoi malheureusement il est mal perçu dans notre société.

Je n'ai aucune intention de vous tirer une petite larme, car je n'ai aucune raison de me plaindre (loin de là), mais sur mes 30 premières années j'ai subi quelques échecs. Comme tout le monde me direz-vous? Oui et non. Pour des raisons plutôt complexes, en pleine adolescence, j'ai été confronté d'un côté à une réussite supérieure à la moyenne : imaginez-vous un gamin de 16 ans amené à s'assoir pour la première fois sur un banc d'unif. Et en même temps, j'ai été confronté à la bêtise humaine, l'intolérance, et l'incompréhension, parce que, non, je n'avais pas suivi le chemin tracé pour tout le monde.

Le fait est que, finalement, à ce tournant important, j'ai ressenti mon premier échec d'un point de vue intellectuel, du fait de la différence, de la non-adaptation et du rejet de la part des autres ; et dans le même temps, je récupérais et progressais en maturité affective et sociale. Ce faisant, une fois cette période passée, je suis arrivé dans le monde de l'entreprise avec une analyse plutôt affutée sur ce dont j'étais capable et sur le comportement des autres. Que ce soit de l'empathie ou de la psychopathie (selon mon vénéré associé), c'est un point de vue très subjectif. Mais ces deux premiers échecs m'ont appris plus sur la vie que mes 15 premières années passées sans le moindre encombre.

Et on parle boulot, finalement?

Bien sûr! L'adversité, je la rencontre toujours ; parfois hypocrite, parfois très agressive, elle reste toujours choquante au premier abord. Mais à chaque fois, alors que l'instinct commande le repli, dès le lendemain je n'en ai que plus de hargne et de volonté d'avancer. On nous avait garanti une impossibilité absolue de lever le moindre euro ? Finalement, nous avons effectué une des plus grosses augmentations de capital de 2012 dans le petit monde des startups.

On nous a prédit à de nombreuses reprises que les consommateurs refuseraient ce concept disruptif ? Et pourtant, nous apportions une solution et une aide à la plupart de ces consommateurs, et ils nous ont donc adoptés à leur manière. 4 ans après nos débuts, une partie des gens qui, à l'époque, ne croyaient absolument pas en ce projet, ont eu le mérite de nous contacter d'une manière ou d'une autre pour nous féliciter, et avouer qu'ils s'étaient trompés à notre sujet.

Donc oui : on peut échouer, on doit échouer, car c'est souvent une source incroyable d'enseignement. Mais le simple jugement d'un entourage ou de quelques personnes avisées n'est pas forcément toujours à accepter sans rechigner. Car si l'on croit réellement à une idée, le plus difficile à accepter pour moi est de ne pas l'essayer ; un échec, cela se digère. On se relève, on continue. Un regret, par contre, on peut le traîner jusqu'à son dernier soupir.

Et en Belgique?

C'est certain : en Belgique, et plus généralement en Europe, on a cette idée immuable que l'échec, c'est le mal absolu. C'est la marque du faible, de celui "qui a raté", du minable. L'échec est un tatouage que l'on vous impose de porter jusqu'à la fin. Et pourtant, je suis fier de mes tatouages (non je n'en ai pas, en fait, mais vous avez compris).

Il y a 20 ans, un couple divorcé était pointé du doigt. Non, ce n'est pas la norme, c'est un scandale. De nos jours, c'est plus banalisé, bien qu'il reste encore beaucoup de choses pour faire évoluer nos mentalités. Pour le business, cela semble suivre le même chemin - comme chez nos amis anglo-saxons, et ce n'est pas plus mal. Mais c'est lent. Très lent. Il faudra de longues années et une éducation adaptée pour que l'on arrête de stigmatiser comme nous le faisons les gens face à leurs échecs.

Je ne vous en ferai pas la liste, mais il y a tellement de choses que l'on utilise tous les jours, ou de startups qui font un travail formidable, et que tout le monde vouait pourtant à l'échec. Quand on regarde cela, on ne peut que pousser les gens à aller au bout de leurs idées et de leurs rêves.

Merci!

Je voulais également dire un énorme merci. Merci à ces inconnus qui nous supportent, merci à ces inconnus qui, chez un client, expliquent qu'ils connaissent un système qui finalement pourrait leur être utile. Merci à ceux qui, ces derniers mois, sont venus nous dire que quand ils ont un coup dur, ils pensent à une startup en particulier en se disant "et, merde, les gars, c'est possible".

Ces mots sont des sources d'encouragement énormes, et en toute honnêteté je n'aurais jamais pensé un jour que le fait de se battre pour un concept serait utilisé par qui que ce soit comme source d'inspiration. Et je ne vous cache pas une certaine fierté de voir que cette société vit en dehors de notre tête, et est portée parfois par une multitude d'autres acteurs.

Donc, encore une fois. Merci.

Sébastien
Publié le 17/02/2014 @ 21:00:00 Dans Chroniques
Durant notre courte existence, nous avons déjà participé à pas mal de salons, de rencontres, de débats, de conférences, nous avons déjà organisé des dizaines de choses, et été invités comme orateurs plus d'une fois. Mais, il y a un truc qui intrigue pas mal l'entourage et les contacts professionnels: les missions princières.

Nous avons rejoint une première mission en Turquie en 2012, et en 2013 nous avons décidé de sauter le pas et passer l'entièreté du séjour avec une délégation pour une mission. Cette mission aura été au final la dernière du prince Philippe, devenu roi très peu de temps après, et elle se déroulait en Californie, ce qui n'est pas forcément pour déplaire sur papier quand on en parle.

Et donc, on va faire du tourisme 15 jours sur le compte des contribuables?

C'est un peu la première réflexion des gens, car il faut le savoir, le voyage est subventionné par les régions. En région wallonne par exemple l'AWEX participe à raison de 50% des frais avec un montant maximum. Ce qui, pour une petite entreprise, pour des voyages au bout du monde, est loin d'être négligeable vu les frais engagés, et le temps investi pour essayer de développer son activité à l'export, ou de réaliser de nouveaux contacts à l'étranger.

Donc, ce voyage subventionné, considéré comme des vacances, en quoi ça consiste? Prenons notre premier exemple en Turquie. Nous sommes arrivés en milieu de semaine, en fin de mission car la première partie ne nous concernait pas, et nous avons passé 3 jours sur place. Arrivés à l'aéroport au milieu de nuit, nous avons rejoint l'hôtel, et après une bonne nuit de sommeil. Non, après 2 ou 3 heures de sommeil, on commence le travail avec une présentation devant une assemblée constituée d'entreprises locales et de ministres tout aussi locaux. Fin de meeting, et après un mini repas sur un coin de table, on continue les présentations dans un ministère, puis une entreprise, puis... et au final, alors que le bus attendait pour nous ramener à l'aéroport, on essayait tant que faire se peut de finir notre dernière réunion. Solde culturel? Nous avons rencontré des hommes d'affaire turcs, mais nous n'avons même pas réussi à trouver 2 minutes pour faire le tour intérieur ni extérieur de l'hôtel, les seuls cadeaux ramenés aux familles viennent du Duty Free, en attendant ce fameux avion pour rentrer. Et pour voir Ankara, il faudra donc y retourner en famille...

Pour la deuxième mission, nous avions plus de temps, et nous en avons profité pour prendre 2 demi-journée sur les deux semaines pour visiter une fois Los Angeles, l'autre fois San Francisco, mais les activités s'enchaînent à un rythme tel qu'en fin de séjour, même si vous avez pris 2 semaines de vacances selon certains, vous rentrez à genoux, sans plus trop savoir comment vous vous appelez, ni dans quel fuseau horaire vous vous trouvez.

Et on y fait du business?

Ca, c'est la deuxième question, tout aussi amusante. Nous sommes partis en Californie, nous avons donc des contrats plein les poches en revenant? Non, en fait, aucun, mais nous avons réussi à découvrir une culture, et identifier quelques opportunités, et mieux que cela, nous avons réussi à rencontrer certains de nos fournisseurs pour pouvoir mettre un nom sur des gens que l'on a souvent par email ou au téléphone, et même si la technologie est magnifique, de serrer une main est une forme de rapprochement entre 2 personnes, et ici 2 sociétés.

Donc, non, pas de contrat juteux, pas d'export facile, pas de business qui foisonne par la simple présence d'une société accompagné de la famille royale. Non, des rencontres, un tas de rencontres et un enrichissement personnel important. Un peu dans la population locale quand on en a l'occasion, et énormément dans le groupe des 2 à 300 entrepreneurs qui arpentaient les couloirs de l'hôtel. Car, et c'est humain, partir dans un pays étranger avec une série de compatriotes, cela crée un lien fort, directement, sans explication. Parce que l'on se trouve face aux mêmes problèmes, aux mêmes galères, qu'on a tous perdu le bus, ou qu'on en a marre de manger à 4h de l'après-midi. Et ces rencontres, de compatriotes qui en veulent et qui vont au bout du monde pour essayer de montrer à quel point notre pays est productif, plein de talents et de créatifs, c'est probablement la meilleure chose que je retiendrai à chaque fois de ces missions.

Pas besoin de citer de noms, ils se reconnaîtront tous, mais aussi bien dans l'organisation que dans les participants, certaines rencontres auront été sources de plein de choses, positives, et c'est sans hésiter un succès rien que pour cela.

A refaire, donc?

A petite dose, oui, et avec une préparation importante à chaque fois. La préparation, c'est ce qui nous aura permis en plus des rencontres belges de pouvoir exploiter réellement notre voyage en Californie, car bien que la région soit présente pour l'organisation globale, elle n'est pas représentante de la société et n'a donc que peu de moyen de trouver des partenaires locaux pour exporter, ou pour créer de nouveaux liens commerciaux.

Néanmoins, ce type d'activité a aussi un impact non négligeable en termes de visibilité dans les médias, en termes de reconnaissance, et de notoriété. C'est fumeux si vous voulez, mais le fait d'être enfermé pendant 2 semaines avec des journalistes crée à force des opportunités, car eux aussi doivent au final rapporter des papiers pour justifier leurs voyages, et rien de tel que d'interviewer des petites entreprises belges pour montrer ce qu'elles essaient de faire et de vendre pendant une mission. Et de ce côté également, on peut dire que chaque mission aura été couronnée de succès.

Je ne pense pas qu'on y participera une seule fois en 2014, car nous avons énormément de pain sur la planche dans notre plat pays, alors que certains veulent nous pousser hors de nos frontières. Il reste tellement à faire chez nous que non, nous continuerons notre travail ici jusqu'à ce que nous soyons à court d'idées, et que les opportunités pour faire évoluer la société sous d'autre cieux se feront plus concrètes que des discussions idéalistes.

Cette opinion n'engage évidemment que moi, simple co-fondateur, et ne m'en veuillez donc pas si au final, cette année, vous vous retrouvez un jour dans un avion assis à mes côtés... On en rigolera !

Sébastien
Publié le 07/02/2014 @ 21:00:00 Dans Chroniques
Après l'hypocrisie, je vous suggère de faire un petit tour d'horizon sur un autre sentiment souvent rencontré dans la vie d'entrepreneur que nous expérimentons: la haine. Que ce soit de la haine purement mal placée, de la jalousie ou de l'incompréhension, nous avons rencontré le tout en quelques années à notre plus grand désarroi les premières fois. Mais, pourquoi?

Pourquoi, c'est une bien bonne question. Avant tout, je ne voudrais pas avoir l'impression de dépeindre un tableau horrible sur notre civilisation, notre pays et nos mentalités. Nous avons rencontré des centaines de personnes positives, enthousiastes, qui nous aident à différents niveaux et qui parfois s'approprient d'une manière ou d'une autre ce que nous réalisons pour reprendre ce combat de tous les jours.

La haine, donc?

Lors de notre lancement, nous avons reçu énormément de réactions. Souvent positives, nous avions dans le lot une petite poignée d'intervenants qui n'ont pas hésité à prendre la plume pour nous témoigner à quel point ils détestaient notre idée. Certains n'allant pas par quatre chemins en allant même jusqu'à nous annoncer "nous combattre jusqu'à leur mort". Certes, la première fois, c'est troublant, surtout que nous n'avons pas envie d'un malheur pour ce pauvre homme, mais aussi parce que ce projet entrepreneurial n'est en rien destiné à porter préjudice à une personne en particulier. Un projet comme celui-ci a comme ambition de rendre service, et de développer un éco-système qui l'entoure, d'où peut donc venir cette animosité.

Avec les années, et les témoignages qui se multiplient à raison de 1 ou 2 par mois, on commence finalement à comprendre, sans pouvoir le justifier. En effet, notre projet semble toucher les gens dans leur quotidien, dans les actions qu'ils décident, au jour le jour. Et, le simple fait de troubler ce quotidien et cette routine, par un nouvel éco-système, semble créer chez ces personnes un sentiment de rejet duquel découle une haine viscérale à notre sujet. Infondée probablement, mais très viscérale.

L'individu est lié à son activité

Un deuxième comportement est arrivé plus tard à notre connaissance, la haine de nos personnes et de certains de nos employés. Mais ... pourquoiiiiiii? (Non, pas parce quuuueeeeeee).

Dans la tête de certaines personnes, la profession d'un individu le caractérise pleinement. Si je déteste les dentistes parce que j'ai peur de la molette, si je rencontre un dentiste dans un restaurant dans un cadre privé, je me dois de le détester. Cela vous semble idiot, non? Et pourtant, cela nous arrive. Il y a une volonté de réduire les personnes à leur activité, et il semble impossible pour une partie, même intelligente, de la population de dissocier la personne physique de la personne morale. Et pourtant, c'est la première chose que l'on apprend à un entrepreneur, devenir un bon schizophrène.

Est-ce de la bêtise? Est-ce de la jalousie? Un peu des deux je suppose, et le fait de faire un amalgame entre les différentes parties de la vie d'une personne simplifie la situation et la possibilité de le haïr pour toute une série de raisons.

La haine doit s'exprimer

Au final, la réponse à la haine doit être l'écoute. Car, même si certains nous maîtrisent, le fait de les écouter et d'essayer d'adresser leurs craintes, en ayant une réponse humaine et compréhensive, fait souvent retomber la pression. Certes ce n'est pas toujours amusant ni facile de répondre avec calme aux gens agressifs, et parfois aux cons aussi il faut avouer. Mais c'est probablement dans la gestion de l'adversité que l'on reconnaît la qualité du support, ou du management d'une société.

Cela me refait penser à une grosse mise en production. Comme toute mise en production, il y a des choses imprévues, par le client, et par nous. Est-ce que le client nous juge sur le fait qu'un détail ait été oublié? (par lui ou non soit disant en passant). Non, à la fin de journée, le client sera heureux si on a montré son professionnalisme et que l'on a trouvé une solution, ou du moins entamé des pistes pour les trouver dans des délais raisonnables.

Sébastien
Publié le 29/01/2014 @ 09:00:00 Dans Chroniques
De temps en temps, on entend une remarque cynique: "je suis fiché !". Ce trait d'esprit est presque considéré comme un gros mot, comme s'il s'agissait de quelque chose dont personne ne s'est jamais aperçu et dont notre interlocuteur, être supérieur, a saisi tous les dramatiques enjeux suite à plusieurs années de réflexion intense. Comparaison parfois douteuse avec une sombre partie de notre histoire, ou simple critique, je laisse souvent cette critique sans réponse alors qu'une seule me vient finalement à l'esprit: hypocrite.

Le commerçant n'a donc aucun droit?

A la belle époque, on criait encore sur les marchés, dans les rues, dans les campagnes, afin d'attirer le client. De nos jours, même si l'image se révèlerait assez cocasse, je vois mal la vendeuse de mon supermarché préféré venir crier sous ma fenêtre pour m'indiquer qu'il y a une promotion rayon poissonnerie ce samedi. Non, de nos jours, les commerçants utilisent les moyens modernes pour garder le contact avec leurs consommateurs : email, courrier postal, sms ou réseaux sociaux ont remplacé la voix puissante du bateleur de foire.

Pour pouvoir vous contacter, et pour pouvoir comprendre la nature profonde de sa clientèle, le commerçant a besoin d'informations sur votre profil. Pour ce faire, il existe un contrat tacite entre le commerçant et son client : celui-ci accepte de lui confier quelques informations personnelles, en échange de quoi le commerçant concède à son client divers avantages et réductions sur ses produits. La démarche n'est absolument pas obligatoire, mais c'est grâce à cet échange qu'un commerce pourra comprendre qui vient chez lui, à quelles occasion, à quelle fréquence, pour in fine pouvoir espérer grandir, ou parfois juste survivre.

Et pourtant, ce contrat est hélas quelquefois nié par une (heureusement très petite) partie des consommateurs. Ils estiment avoir acquis ce droit à une réduction par simple visite, et s'il leur arriver de donner leurs coordonnées, ils le font en maugréant, en rouspétant, et en reprochant lourdement la démarche au commerçant, qui essaie lui de faire son travail de manière moderne. Oui, le commerçant va créer une "fiche" sur son consommateur, et oui, il va collecter des données historiques pour comprendre comment optimiser son processus de vente. Cela a toujours été, est toujours, et sera probablement toujours la manière la plus intelligente de faire du commerce.

Seul, vous n'existez pas. Seule la population est importante

Ce qui est important pourtant à comprendre, c'est que majoritairement votre petite personne n'a quasi aucun intérêt pour un commerçant. Bien sûr, il pourra savoir que vous n'êtes plus venu depuis 3 mois, que vous êtes un homme, ou que vous avez la trentaine. Mais pensez-vous qu' il soit possible de tirer des conclusions intéressantes d'un profil pris au hasard ? Evidemment non.

Par contre, en regroupant les informations provenant de l'ensemble des profils, le résultat est tout autre. On peut connaître les régions de provenance des consommateurs, les distances moyennes qu'ils effectuent lors de leurs déplacement pour se rendre dans le point de vente, les villes d'affluence, les heures creuses, les tranches d'âges qui sont les plus intéressées, les quartiers dans une ville qui ne connaissent pas l'existence du commerce, et j'en passe. Si le commerçant est proactif, il pourra grâce à ces informations optimiser ses heures d'ouvertures, mieux choisir les médias dans lesquels il annoncera, et parfois adapter son approche commerciale après avoir réalisé que son public-cible n'est pas celui qu'il pensait connaître... La clé pour comprendre la manière dont fonctionne la relation entre un commerce et sa clientèle se trouve dans la globalité, pas dans le détail individuel.

Vous avez toujours un libre arbitre

Pour en revenir au reproche classique "je suis fiché", la réponse la plus polie est probablement: "vous n'êtes en rien obligé". C'est un fait, aucun commerce ne menace physiquement ses consommateurs pour obtenir leurs coordonnées ; c'est au contraire une relation de confiance qui fonctionne de manière assez extraordinaire - d'ailleurs bien plus fortement que nous ne l'imaginions à nos débuts.

La critique ne provient que d'une frange ultra marginale de consommateurs, auxquels il faut rappeler qu'il y a toujours un choix, et qu'ils n'ont aucune obligation de partage de leurs données (privées ou non), mais que ce faisant, ils refusent en quelque sorte tout droit au commerçant à mieux comprendre son public, et à lui offrir un service plus adapté - service dont eux, consommateurs, seront les premiers bénéficiaires...

Comme quoi, quand on y réfléchit, la fidélité est plus que jamais la base véritable d'un commerce florissant.

Sébastien
Publié le 22/01/2014 @ 22:00:00 Dans Chroniques
Paraître. Tout est dit dans ce seul mot, et pourtant je pense que vous avez besoin de plus d'explications...

Comme toute entreprise, nous avons connu des hauts, des bas, des succès, et des échecs. Et pourtant, la vision qu'avaient les externes de notre société ne correspondait pas du tout en général avec l'état dans lequel nous nous trouvions. Et pourquoi donc? Est-ce un phénomène lié aux réseaux sociaux? Probablement, explications.

Retour à nos débuts, nous tâtonnions encore nos relations avec la presse, qui globalement ne nous aimait que très moyennement pour diverses raisons. Et pourtant, pendant ce temps, nous avions des témoignages de consommateurs ravis, par dizaines, contre 2 ou 3 historiquement haineux. Peu encore présents sur les réseaux sociaux, on a compris à cette époque que notre relation avec les consommateurs et le respect que l'on essaie de leur témoigner tous les jours est plus important que l'imagine véhiculée par la presse.

Les réseaux sociaux donc? On y arrive, on y arrive. Prenons un exemple. Début 2012, on ne peut pas dire que nous roulions sur l'or, impossible à nos débuts de convaincre un partenaire bancaire, pas mal de méfiance de la part d'investisseurs potentiels, et le public refuse de suivre à l'époque si le privé n'y est pas. Les premiers succès arrivent dans les ventes, mais à 4 on ne peut pas encore dire que c'est l'extase, loin de là, un peu morose même pendant quelques semaines. Un climat plutôt difficile, et je félicite encore toute l'équipe d'avoir tenu le coup, tous soudés.

Pendant ce temps, nous avons commencé à poster plus régulièrement nos succès. Même faibles, certains magasins commencent à évoquer quelque chose pour ceux qui nous suivent, et l'arrivée de notre deuxième produit (OnShow, acquisition sur PC, Android, puis iPad) nous permet d'accrocher quelques références sur notre page Facebook. Et pourtant, bien qu'important en investissement temps, ces références ne sont pas réellement source de beaucoup d'argent. Mais voila, au fil des rendez-vous, les retours commencent à se faire sur que nous postions. Pourquoi?

L'image véhiculée par les réseaux sociaux nous permet, à ce qu'on a compris à l'époque, de garder une relation proche des consommateurs, mais aussi de certains commerçants et partenaires, et nos fans ont commencé à augmenter significativement. Alors que nous étions en période maigre, les quelques succès affichés nous ont valu à l'époque pas mal de commentaires: "cela marche bien pour vous" qui nous laissaient dubitatifs.

Certes, nous avions des succès, on ne sait pas communiquer si l'on ne réussit rien. Et bien que pour un échec, on vous remontera cent fois la question de votre survie pour avoir les informations et les détails sordides, la communication positive apporte aussi son lot de fans et de gens qui préfèrent essayer de voir le futur rose ou au moins à moitié rose. Souvent, ces profils sont plus éduqués, ou sont plus accrochés à cet esprit d'entreprendre qui nous anime, car l'entreprise, c'est beaucoup d'échecs avant d'espérer, parfois, une réussite.

La transparence sur ce que l'on fait est donc primordiale, et nous essayons de garder cela à l'esprit, aussi bien sur les échecs que sur les réussites, car avec les années maintenant nous avons la chance de disposer d'un public loyal et engagé. Certes, on est loin d'une réussite mondiale, mais on a la naïveté de croire que parfois, notre ténacité face à l'adversité de certains à notre égard, génère une émulsion dans notre milieu.

J'en profite donc pour remercier nos amis, nos fans, notre famille, les inconnus qui parlent de nous positivement, ceux qui pensent que la sueur est une des clés de la réussite, et qui respectent les gens engagés dans leurs idées. Merci à la communauté de gens, qui oeuvrent parfois sans que l'on ne le sache, pour faire connaître notre produit en Belgique, qui oeuvrent pour convaincre nos futurs clients de travailler avec nous, et cela grâce au lien direct sur les réseaux sociaux ou ailleurs.

N'hésitez pas par ailleurs à rejoindre notre page, et à nous saluer si le coeur vous en dit!

Sébastien
Publié le 15/01/2014 @ 22:00:00 Dans Chroniques
Dans notre environnement, il semble qu'il n'y ait qu'un seul métrique qui au final soit important: la taille. Est-ce parce que nous sommes dirigés par un monde d'hommes, ou est-ce que la taille d'une entreprise est réellement le facteur qu'il faut absolument développer pour réussir?

Quand vous discutez avec un externe, un ami, un prospect, il n'est quasi pas une discussion sans qu'à un moment on vous demande la taille de l'entreprise, sorte de manière de valider si oui ou non votre produit est intéressant. La course à l'augmentation du capital humain est quelque chose qui nous a été fortement soufflée dans l'oreille il y a un peu plus d'un an, et certes c'est crucial, mais cela ne se fait pas aussi simplement que cela.

Imaginez une société de 4 personnes, qui en moins d'un an passe à 10 personnes. Sur papier, c'est génial, et dans les faits également, toute l'équipe qui travaille pour nous est absolument formidable... mais après un an. Doubler son personnel demande de la gestion, du temps, de la formation, car toutes ces personnes ne connaissent pas en arrivant l'esprit de votre entreprise, votre produit, votre tactique, et bien que des documents et des formations existent, pour arriver à se sentir à l'aise dans l'entreprise il faut de longs mois. Et pendant ces longs mois, alors que vous avez opté pour une croissance en personnel plutôt rapide pour répondre à des besoins chez les clients et vous libérer du temps, vous passer finalement une bonne partie de votre temps à gérer cette croissance.

Ne faut-il pas croître?

Si, bien sûr, c'est essentiel, et nous avons encore envie de développer tellement de produits et de services que l'équipe actuelle ne pourra jamais suffir. Nous avons des idées, de l'ambition, et seul le marché décidera si nous pourrons ou non réaliser nos rêves. Nous avons également croisé ces dernières années toute une série de gens formidables que l'on aimerait pouvoir incorporer dans l'équipe et pouvoir faire profiter l'entreprise de leurs talents respectifs. Mais tout cela a un prix, que l'on sous-estime souvent.

Début 2013, nous avons déménagé, suite à une augmentation significative de capital, et ce pour pouvoir augmenter l'équipe commerciale. Une erreur? Non, une grosse opportunité. Mais les premiers mois de 2013 ont du coup monopolisé une grande partie de l'équipe existante. Pour le recrutement, pour mettre ces nouvelles personnes au niveau, et pour que tout le monde interagisse comme il se doit pour arriver à notre nouvel équilibre.

Equilibre, le mot est lâché. Un an après, nous y sommes finalement, l'équipe est devenue plus mature, le support fait un travail remarquable auprès de nos clients ce qui nous manquait cruellement fin 2012, et les vendeurs montrent des signes d'engagement et de motivation comme jamais auparavant. On a de la chance, le côté humain de la société fonctionne admirablement pour le moment, mais nombreux sont ceux autour de nous qui rencontrent ces problèmes et s'enlisent doucement dans cette "obligation de grandir".

Grandir, c'est le bonheur?

Boui. Probablement dans un certain sens, il est humain de vouloir accomplir plus. Mais cela doit se faire dans la douceur, pour que chacun puisse s'intégrer dans l'équipe à son rythme sans créer de rupture, de pouvoir réussir à garder l'esprit de l'entreprise tout au long de son évolution, et ce point qui est primordial pour le bien être de l'entreprise, et de ses employés, reste souvent le parent pauvre face aux conseils d'administrations et aux chiffres bruts.

Un conseil d'administration n'est pas inhumain, mais grandir demande plus de responsabilités, et cet équilibre entre bien être de l'équipe, bonne ambiance, travail accompli avec sérieux, et résultats financiers, demande de fait plus d'énergie que ce que l'on pense en créant sa "petite entreprise".

A refaire, on ferait probablement les mêmes choix, car c'était important de le faire, et même si nous avons commis de nombreuses erreurs ces dernières années, le résultat pour début 2014 est plus que prometteur sur une équipe de plus en plus polyvalente.

Pour en finir avec ce billet, je vous suggère d'aller jeter un oeil sur les conférences de Guy Kawasaki, qui vous expliquera sa célèbre histoire d'usine à nourriture pour chien. Plutôt instructif, et point de vue plutôt tranché avec ce que la population générale pense d'une entreprise.

Sébastien
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