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Episode 40 - L'Europe, terre qui sacrifie ses talents ?
Publié le 13/06/2016 @ 09:00:00 dans la catégorie Chroniques
Cela fait quelques mois que nous ne vous avons pas proposé de nouveau billet sur ce blog. Non pas que nous n'en ayons pas envie, mais chaque article cherche sa source d'inspiration dans une expérience bonne ou mauvaise. Le temps passant, et pour ne pas tomber dans la répétition, les sujets deviennent de plus en plus rares.

La cause en est peut-être la relative lenteur des marchés européens. Provocation ? Oui, certainement, mais ceci est un ressenti, pas une analyse économique. Juste une lecture, à notre niveau, de ce que notre société occidentale a traversé en quelques années. Mais également frustration, dont je voudrais vous parler aujourd'hui. Cette frustration de savoir qu'un produit va répondre à une problématique importante d'une société, et d'en avoir une certitude quasi absolue. Non seulement parce que démontrée mathématiquement, parce qu'en sachant viscéralement que notre solution va répondre à un problème crucial d'une société qui n'en a malheureusement pas conscience.

Pompeux ? Prétentieux ? Arrogant ? Peut-être. Réaliste ? Certainement. Voici pourquoi.

Notre société est un succès, nul ne peut plus le nier maintenant. Nous venons de dépasser 3.500.000 consommateurs-utilisateurs en Belgique, nous travaillons avec déjà une partie importante des leaders dans le retail. Et pourtant, lorque vous entendez certains raisonnements à l'occasion de rendez-vous avec des sociétés que vous avez démarché il y a plusieurs années, les réactions sont parfois très étonnantes.

Quand vous entendez : "Votre succès me montre que je me suis trompé [...] il y a 5 ans. [...] Revenez dans 2 ans". Ou "[...] Revenez lors qu'il y aura au moins un autre leader dans mon secteur", vous serez souvent tenté de vous frapper la tête contre le mur tant l'incompréhension est immense. Incompréhension de cette lenteur (et je ne parle pas ici que de notre secteur) face à la nouveauté. La nouveauté fait peur, et plutôt que de chercher les sources d'améliorations qu'elle apporte, on y cherche la faille pour surtout garder la situation confortable dans laquelle on se trouve et ne pas devoir sortir de sa petite zone de confort... en attendant de prendre le mur de plein fouet.

Nous ne parlons pas de ces sociétés qui adoraient le concept, mais chez lesquelles nous avons rencontré une réflexion similaire de la part de l'informatique ou du management, et qui après 2 ans ont dû se résigner la mettre la clef sous le paillasson. C'est certainement simpliste de résumer ces faillites à un manque d'ambition et d'opportunisme, mais il est indubitable que ces facteurs aggravants y ont contribué de manière assez importante.

Pourquoi dès lors qualifions-nous les startups de génération sacrifiée, alors qu'elles sont par nature et par définition censées être plus orientées vers la prise de risque ?

Simple. Freedelity est un succès, nous en sommes conscients, et on nous le répète, c'est agréable, certes. Mais Freedelity est né en 2009, et nous sommes aujourd'hui 7 ans plus tard. 7 ans, au lieu d'un développement qui aurait selon nous dû prendre au maximum 2 ans si les acteurs du marché avaient "osé" plus tôt. Et alors que les premières années d'une société comme celle-ci sont un challenge technologique, chaque année supplémentaire la fait se transformer de plus en plus en une société de vente et se borne souvent à améliorer ses services. Mais tout entrepreneur qui lira ce texte comprend qu'on est loin aujourd'hui de cette "vibration" et de l'excitation du risque qu'est la création d'entreprise.

Avec une progression plus rapide, nous aurions probablement déjà intégré ou créé un nouveau projet, ou la société serait présente dans de multiples autres pays. Mais cela ne sera pas le cas pour les prochaines années. Nous sommes toujours bien chez Freedelity, et la société aura encore besoin de nous quelques années. Mais je peste régulièrement contre cette lenteur, qui nous obligera finalement à devoir sacrifier quelques idées de projets, car il sera "trop tard pour nous". Et sur une vie complète, je suis sûr que du coup nous perdons la possibilité en Europe de créer 2 ou 3 sociétés supplémentaires, porteuses de projets qui auraient pu faire la différence.

Est-ce un mal ou un bien ? D'un point de vue économique, cela est tout un débat, car on peut arguer qu'on crée grâce à cela des sociétés plus fortes, avec des fondations solides et des revenus assurés. Mais de l'autre, on laisse les révolutions majeures venir d'autres continents. Et l'Europe ne vivra peut être de révolution de certains secteurs que par la vision entreprenariale américaine (Uber, Tesla, SpaceX, PayPal, Amazon, eBay, Google, Apple, ...). Et là, vous ne pourrez plus me contredire qu'il y a manifestement un grain dans l'engrenage.

Bien sûr, des esprits chagrins nous rétorquerons qu'il est facile d'imputer la lenteur de notre croissance au marché, aux autres acteurs, aux clients ou que sais-je encore. Il n'empêche que la réalité est là, les chiffres aussi, les faits également. Il existe dans la culture de notre veille civilisation occidentale une frilosité pathologique pour tout ce qui touche à l'innovation. Peur du changement, nous l'avons dit, mais également allergie à la moindre prise de risque même si tous les indicateurs sont là pour démontrer que ce risque est mesuré, mais également qu'il garantit statistiquement un succès.

Alors, au risque de faire plus d'erreurs, mais plus de réussites, essayons peut être à notre niveau de simplement essayer d'agir, plutôt que de retourner chaque décision dans tous les sens pour se protéger d'un éventuel échec. Osons la nouveauté, osons le risque, osons l'impertinence et bien entendu, osons l'échec!

Sébastien
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