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Episode 8 - Les défis de la croissance
Publié le 06/11/2013 @ 19:00:00 dans la catégorie Chroniques
Et ce matin, qui fait le café? C'est peut être une question idiote, mais quand on commence à 2, et qu'on arrive à 10, on n'imagine pas forcément toujours très bien les problèmes que l'on peut rencontrer pour pouvoir gérer efficacement tout ce petit monde. Dans un monde idéal, une société dispose d'une personne pour gérer la facturation, la comptabilité, une pour le support, une pour les ressources humaines, une pour gérer les ventes, une pour gérer le marketing, et cela en plus de toute l'équipe de développement et de vente. Oui, mais ça, c'est la théorie, non?

En Belgique, et en Europe plus singulièrement, il y a - quand on réalise un projet - une peur latente de réussite. La conviction que quand on va commencer à proposer un service, du jour au lendemain, par magie ou imposition des mains, on va avoir des milliers de prospects, de clients, et que l'on ne saura pas comment répondre à la demande. Et du coup, sur cette "peur de réussite", certains restent paralysés dans l'idée de lancer un projet ou de le dévoiler. La réalité est souvent toute autre... Une fois le projet lancé, ce n'est encore que le début de l'aventure et il faudra de longues années pour que le projet créé dans la cave ou le grenier ne demande réellement trop d'énergie que pour être porté par un seul homme. Bien sûr, des exceptions existent... mais des exceptions...

On commence donc à 1, 2, on développe le produit, on commence à le commercialiser, faut gérer les premières factures, les premières demandes de support en se disant: "bah, l'année prochaine, on engage quelqu'un pour cela". Et l'année suivante, on regarde les comptes, on regarde les clients, on voit que le travail augmente de manière significative pour des tâches non primordiales au développement de la société, et pourtant essentielles à son bon fonctionnement. Mais là encore, du fait du sous financement général de cette économie, on regarde les comptes, et on se rend à l'évidence que non, ce ne sera finalement pas l'année suivante que l'on prendra cette nouvelle personne pour nous sauver de ce travail "ingrat".

Enfin, ingrat, oui et non. Il n'y a aucun mal à devoir ranger un bureau de 200m², il n'y a rien de mal à regarder quelles factures ont bien été honorées, il n'y a aucun mal à devoir relancer les clients pour les factures impayées, il n'y a aucun mal à devoir réparer les machines après une arrivée massive de virus, ou à une mort subite du SSD (on a essayé de le coucher sur le ventre ou sur le dos, mais rien n'y fait, la mort subite du SSD semble être une maladie du moment). On peut encore citer plein d'autres points comme la rédaction des contrats, le recrutement, la gestion des resources humaines, du secrétariat social, des petits bobos du quotidien, des conflits internes, ...

Rien de tout cela n'est à priori insurmontable, mais il est compliqué pour une PME de pouvoir réellement compter sur une personne dédiée à chaque fois pour ces tâches spécifiques, et alors qu'il est primordial effectivement d'engager des gens pour votre développement commercial, pour le support et pour le développement technique, une grosse partie des petits travaux quotidiens restera pendant une longue période l'apanage des fondateurs. Pourquoi? Parce que vous ne pouvez pas demander à votre commercial de réparer sa machine, que tout sous-traiter n'est pas évident à commercialiser, et qu'au final il est important de toujours rester à flot sur ces différents points pour une bonne gestion de votre entreprise.

Malheureusement, cela se fait aussi au détriment de votre disponibilité, de votre aptitude à vous concentrer pour réfléchir à comment continuellement améliorer votre produit pour encore mieux répondre à ce dont le marché à besoin et à ce que vos clients vous demandent. Cela vous détourne tout doucement de votre rôle réel dans la société, et il faudra encore de la patience, 1 an, 2, 3, ou 4 avant de pouvoir vous recentrer sur la raison de votre présence dans l'équipe, ce qui est réellement votre valeur ajoutée pour la structure.

Et les solutions dans tout cela?

Il existe quelques initiatives pour vous aider quand vous avez une très petite entreprise, des incubateurs pour partager entre plusieurs entreprises les frais de la secrétaire pour vos appels et vos rendez-vous, et la facilité de la location d'une surface pour grandir à votre rythme sans se préoccuper de l'administratif, de la connexion web, etc... Mais cela s'arrête là. Certains groupes industriels proposent de racheter des startups à plus de 50% en leur offrant en échange l'accueil en leur sein avec le service comptabilité, RH et technique à leur disposition, pour qu'ils se concentrent sur la partie intellectuelle et créatrice. C'est un chant de sirène auquel nous avons d'ailleurs été sensibles à un moment de notre existence, mais à chaque sirène rencontrée jusqu'ici, l'envers du décor quand nous avons avancé dans les négociations nous a montré que pour avoir cette liberté créatrice, nous devions abandonner plus de la moitié de notre société, et perdre notre droit de la mener où bon nous semblait, avec en face de nous des interlocuteurs qui se sont montrés souvent hautains, parfois humains, mais rarement totalement francs sur ce qui était proposé.

A défaut donc d'avoir des initiatives publiques ou privées indépendantes, qui annoncent clairement ce qu'ils offrent et ce qu'ils demandent, la liberté d'entreprendre devra continuer à se conquérir par l'abandon d'une certaine liberté individuelle.

Sébastien
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